Panique
Calmer une crise d'angoisse
Une crise d'angoisse monte vite, fait très peur, et finit toujours par passer. Voici ce qui se passe dans ton corps, et six étapes pour la faire redescendre.
En bref
Pour calmer une crise d'angoisse : nomme-la (« c'est une crise d'angoisse, et elle va passer »), ralentis ta respiration pour que l'expiration soit plus longue que l'inspiration, et ancre-toi par les sens. Une crise atteint son pic en une dizaine de minutes et redescend toujours d'elle-même. Tu ne l'arrêtes pas, tu la laisses passer.
C'est en train d'arriver ?
Si tu es en pleine crise, va directement aux six étapes. Expire lentement, plus longtemps que tu n'inspires. Tu es en sécurité. Ça va passer.
Ce qu'est une crise d'angoisse
Une crise d'angoisse, c'est une montée soudaine de peur intense accompagnée d'une vague de symptômes physiques : cœur qui cogne, poitrine serrée, souffle court, vertiges, fourmillements dans les mains, transpiration, ou une impression d'irréalité et de menace. Ça peut ressembler exactement à un problème médical, une crise cardiaque, ou à une perte de contrôle.
Voici l'essentiel : c'est le système d'alarme de ton corps qui se déclenche alors qu'il n'y a aucun danger réel. La même réaction de combat-fuite qui te sauverait la vie face à une vraie menace s'est allumée par erreur. C'est extrêmement inconfortable, mais la crise elle-même ne te fait pas de mal.
Rappelle-toi : ça va passer
C'est le fait le plus utile auquel te raccrocher. Une crise d'angoisse ne peut pas se maintenir toute seule. Elle fonctionne à l'adrénaline, et ton corps ne peut simplement pas continuer d'en produire. La plupart des crises atteignent leur pic en une dizaine de minutes, puis s'estompent. Lutter contre la vague a tendance à l'alimenter. La laisser monter, déferler et redescendre est ce qui la fait passer plus vite.
Six étapes pour la calmer
- Nomme-la. Dis-toi : « C'est une crise d'angoisse. Ce n'est pas dangereux. Ça va passer. » La nommer retire un peu de force à la peur d'avoir peur.
- Allonge ton expiration. Inspire sur 4 temps, puis expire sur 7 ou 8, un rythme parfois appelé respiration 4-7-8. Une expiration longue est le signal le plus rapide pour dire à ton système nerveux que tu es en sécurité. Le soupir physiologique est fait exactement pour ça.
- Ancre-toi par les sens. Nomme 5 choses que tu vois, 4 que tu touches, 3 que tu entends, ou passe-toi de l'eau froide sur le visage, ce qui sort ton attention de ta tête très vite. Ça te ramène dans la pièce. La méthode 5-4-3-2-1 en entier, ici.
- Relâche. Laisse tomber les épaules. Desserre la mâchoire. Laisse tes mains se détendre. Ton corps se crispe pendant la panique ; lâcher la prise physique aide à lâcher la prise mentale.
- Reste où tu es si c'est possible en sécurité. L'envie de fuir est forte, mais partir apprend à ton cerveau que l'endroit était dangereux, ce qui rend la crise suivante plus probable. Tenir là où tu es lui apprend l'inverse.
- Laisse passer la vague. Imagine-la comme une vague qui monte et redescend. Tu n'essaies pas de l'arrêter, tu la laisses passer. Elle est déjà sur la pente descendante.
Deux choses qui jettent de l'huile sur le feu
Coupe la caféine, et arrête de chercher tes symptômes sur internet. Les deux relancent la spirale du « est-ce que je suis en train de mourir ? » qui entretient la crise.
Pourquoi les symptômes physiques apparaissent
Comprendre le mécanisme en retire une partie de la peur. Le cœur qui cogne et la respiration rapide, c'est ton corps qui envoie de l'oxygène aux muscles pour un combat ou une fuite qui n'arrivera pas — d'où aussi cette sensation de tremblement et d'agitation, avec une énergie qui n'a nulle part où aller. Les vertiges et les fourmillements viennent presque toujours d'une sur-respiration, c'est-à-dire d'un rejet de gaz carbonique plus rapide que sa production par ton corps, ce qui explique pourquoi ralentir spécifiquement l'expiration aide, plutôt que simplement respirer « plus ». L'oppression dans la poitrine est une tension musculaire, pas ton cœur, et l'impression d'irréalité vient de ton système nerveux qui resserre son attention sur la menace, au prix de tout le reste qui semble lointain. Rien de tout cela n'est un dysfonctionnement de ton corps. C'est le système d'urgence qui fonctionne exactement comme prévu, braqué sur la mauvaise cible.
Si ça arrive au volant ou en public
Ça mérite sa propre note, parce que l'instinct peut être dangereux exactement au mauvais moment. Si tu conduis, mets tes feux de détresse, range-toi en sécurité dès que tu le peux et arrête complètement la voiture avant toute autre chose : la panique rétrécit l'attention et conduire demande l'inverse. En public, tu n'as rien à expliquer à personne sur le moment, « j'ai besoin d'une minute » est une phrase complète, et t'écarter vers un endroit plus calme plutôt que de partir tout à fait préserve ce fait de rester qui rend les crises futures plus petites. Tu peux écrire à une personne pour dire en quelques mots ce qui se passe si ça t'aide à te sentir moins seul ; tu n'as pas à faire semblant d'aller bien.
Ce qu'il ne faut pas faire
- Ne sur-respire pas. Avaler l'air à grandes goulées rapides (hyperventiler) aggrave les vertiges et les fourmillements. Ce que tu cherches, ce sont des expirations lentes et longues.
- Ne te bats pas pour que ça s'arrête à la seconde. L'acceptation — « d'accord, c'est en train d'arriver, et ça va passer » — est presque toujours plus rapide que la force.
Les outils pour ça dans l'app
Quelque chose à quoi te raccrocher.
centered space te guide avec une respiration rythmée, de l'ancrage et des mots qui tiennent, pensés exactement pour ces moments-là.
Tu as déjà l'app ? Commence iciQuand demander de l'aide
Les crises d'angoisse sont fréquentes et répondent très bien à un accompagnement. Mais prends aussi le versant physique au sérieux :
- Si c'est ta première crise d'angoisse, ou si tu as une douleur dans la poitrine, un malaise, ou des symptômes dont tu n'es pas sûr, consulte un médecin pour écarter d'autres causes.
- Si les crises reviennent ou si tu commences à éviter des lieux à cause d'elles, parles-en à un médecin ou à un psychologue. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est très efficace pour la panique.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une crise d'angoisse ?
La plupart atteignent leur pic en une dizaine de minutes, puis redescendent. Une crise d'angoisse ne peut pas se maintenir toute seule : l'adrénaline qui l'alimente s'élimine de ton organisme, donc l'intensité finit toujours par baisser.
Une crise d'angoisse peut-elle te faire du mal ?
Une crise d'angoisse, c'est le système d'alarme de ton corps qui se déclenche à tort. C'est terrifiant et très intense physiquement, mais ce n'est pas dangereux en soi. Cela dit, si c'est ta première, ou s'il y a une douleur dans la poitrine, un malaise ou des symptômes dont tu n'es pas sûr, consulte un médecin pour écarter d'autres causes.
Quel est le moyen le plus rapide d'arrêter une crise d'angoisse ?
Il n'y a pas de bouton d'arrêt, et forcer la crise à s'arrêter l'aggrave souvent. Le soulagement le plus rapide vient en général d'une expiration ralentie (expire plus longtemps que tu n'inspires), d'un ancrage par les sens, et du rappel que ça va passer. Tu n'arrêtes pas la vague, tu la laisses passer.
Que faire si une crise d'angoisse arrive au volant ?
Mets tes feux de détresse, range-toi en sécurité dès que possible et arrête complètement la voiture avant toute autre chose. La panique rétrécit ton attention et conduire demande l'inverse : immobiliser le véhicule en sécurité passe avant toute technique de respiration ou d'ancrage.
Ceci n'est pas un avis médical. Ce guide est de l'information générale, pas un diagnostic ni un traitement. Si tu es en crise ou que tu penses à te faire du mal, contacte tout de suite le numéro d'urgence de ton pays ou une ligne d'écoute.
Sources
- American Psychological Association : trouble panique et thérapie cognitivo-comportementale (en anglais).
- Clark, D. M. (1986). A cognitive approach to panic. Behaviour Research and Therapy : le modèle de l'interprétation catastrophique de la panique (en anglais).
- NHS : « Panic disorder », conseils d'auto-assistance et de respiration (en anglais).